Pour un puits ou un forage d’arrosage, presque tout se décide sur un seul critère : la profondeur du niveau d’eau. Au-dessus d’une certaine limite, une pompe de surface suffit à aspirer l’eau ; au-delà, il faut une pompe immergée, noyée dans l’eau, qui pousse au lieu d’aspirer. Une fois ce choix fait, restent le diamètre du forage, la protection contre la marche à sec, et une question qu’on oublie trop souvent : la déclaration en mairie.
Pompe de surface ou immergée : le critère de la profondeur
Une pompe de surface reste posée en dehors du puits ou du forage et aspire l’eau par une crépine plongée dans l’eau. En théorie, l’aspiration a un plafond physique autour de 10,33 mètres. En pratique, la hauteur réellement aspirable est nettement inférieure à ce plafond théorique : elle dépend du modèle, il faut se fier à la notice du fabricant plutôt qu’à ce chiffre de référence.
Une pompe immergée fonctionne à l’inverse : elle est noyée dans l’eau, au fond du puits ou du forage, et pousse l’eau vers le haut au lieu de l’aspirer. Elle n’a donc pas de limite d’aspiration à respecter. Son choix se fait sur deux critères propres à l’ouvrage : le diamètre du forage (classe 3 ou 4 pouces) et la hauteur de refoulement nécessaire pour amener l’eau jusqu’au réseau d’arrosage.
Pompe de surface
Quand la choisir : niveau d’eau proche de la surface, puits peu profond.
Facile d’accès pour l’entretien, installée hors de l’eau. Limitée par la hauteur d’aspiration réelle indiquée sur la notice, toujours inférieure au plafond théorique d’environ 10,33 m.
Pompe immergée
Quand la choisir : niveau d’eau profond, forage étroit.
Pas de limite d’aspiration puisqu’elle pousse l’eau au lieu de l’aspirer. Son choix dépend du diamètre du forage et de la hauteur de refoulement à assurer.
Pour approfondir le fonctionnement d’une pompe de surface, y compris ses limites pratiques d’aspiration, voir le guide dédié à la pompe de surface.

Le diamètre du forage : 3 ou 4 pouces
Les pompes immergées se répartissent en deux classes de diamètre : 3 pouces, soit environ 76,2 mm, et 4 pouces, soit environ 101,6 mm de corps de pompe. Le tubage du forage doit avoir un diamètre intérieur supérieur à celui de la pompe pour que celle-ci puisse y descendre et fonctionner. La marge exacte à respecter entre le diamètre de la pompe et celui du tubage est propre à chaque modèle : elle est indiquée sur la notice du fabricant, et ne peut pas être généralisée d’une pompe à l’autre.
Câble et refroidissement du moteur immergé
Une pompe immergée se refroidit grâce à l’eau qui circule autour de son moteur pendant le pompage. C’est pourquoi la vitesse de passage de l’eau autour du corps de la pompe compte autant que son débit : si le forage est large par rapport au diamètre de la pompe, l’eau circule trop lentement pour bien refroidir le moteur. Dans ce cas, une chemise de refroidissement peut être nécessaire ; la notice du fabricant précise si le modèle en a besoin selon la configuration du forage.
Protection contre la marche à sec
Une pompe qui tourne alors qu’il n’y a plus d’eau autour d’elle s’abîme rapidement : la marche à sec détruit la garniture mécanique de la pompe. Trois dispositifs permettent de s’en protéger : un flotteur qui coupe l’alimentation quand le niveau baisse trop, une sonde de niveau qui surveille en continu la hauteur d’eau, ou un coffret électrique qui coupe automatiquement l’alimentation quand le débit ou la pression tombent en dessous d’un seuil.
Faire évaluer mon puits ou mon forage par un spécialiste
Faut-il déclarer son puits ou son forage ?
Oui, dans presque tous les cas : tout prélèvement d’eau, par puits ou par forage, destiné à un usage domestique (ce qui inclut l’arrosage) doit être déclaré au maire, selon l’article L2224-9 du code général des collectivités territoriales. Ne pas le faire expose à une amende administrative pouvant atteindre 15 000 € par ouvrage non déclaré (Légifrance, texte en vigueur du 12/03/2023 au 31/12/2027 ; une nouvelle rédaction est déjà prévue après cette date, à vérifier de nouveau au moment voulu).
Cette déclaration se fait en deux temps, encadrés par les articles R2224-22 et R2224-22-1 du même code : au plus tard un mois avant le début des travaux (par le formulaire Cerfa n°13837*03, ou en ligne sur DUPLOS), puis un complément dans le mois qui suit l’achèvement des travaux, indiquant notamment la date de fin de chantier. Une analyse d’eau n’est exigée dans ce complément que si l’eau est destinée à la consommation humaine — pour un forage utilisé uniquement pour arroser un jardin ou un potager, aucune analyse n’est imposée.
Le seuil d’un usage qualifié « domestique » est fixé par l’article R214-5 du code de l’environnement à 1 000 m³ par an au maximum, ce qui couvre aussi bien l’arrosage d’un jardin d’agrément que l’irrigation d’un potager destiné à la consommation familiale.
Au-delà de 10 mètres de profondeur, une déclaration supplémentaire s’ajoute, au titre du code minier (article L411-1) : elle vient compléter la déclaration en mairie, elle ne la remplace pas.
Au plus tard 1 mois avant les travaux
Déclaration en mairie : Cerfa n°13837*03 ou en ligne sur DUPLOS.
Pendant les travaux
Le forage est réalisé par une entreprise qui tient un registre des travaux.
Dans le mois qui suit l’achèvement
Complément de déclaration : date d’achèvement, modifications éventuelles, analyse d’eau seulement si l’eau est destinée à la consommation humaine.
Si la profondeur dépasse 10 m
Déclaration supplémentaire au titre du code minier, en plus de la déclaration en mairie.
L’amende de 15 000 € est un plafond, pas un montant fixe systématiquement appliqué.
Séparer le réseau d’arrosage de la plomberie de la maison
Si votre logement est raccordé au réseau public d’eau potable, votre installation de puits ou de forage ne peut jamais être reliée à la plomberie intérieure par une vanne de bascule. L’article R1321-57 du code de la santé publique interdit, sauf dérogation accordée par le préfet, qu’un réseau intérieur raccordé au réseau public soit alimenté par une eau qui n’a pas été autorisée à cet effet, pour éviter tout risque de retour d’eau non potable vers le réseau public. Un réseau de puits ou de forage dédié à l’arrosage doit donc rester physiquement séparé de la plomberie domestique.
Restrictions de sécheresse : les puits privés ne sont pas hors-jeu
Un arrêté préfectoral de restriction de sécheresse peut concerner les puits et forages privés au même titre que le réseau public. L’article R211-66 du code de l’environnement prévoit quatre niveaux de restriction (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise), fixés par arrêté préfectoral. Ne pas respecter ces mesures peut être sanctionné d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 € (contravention de 5e classe, articles R216-9 du code de l’environnement et 131-13 du code pénal).
Un exemple lu en intégral, celui de l’arrêté du préfet de l’Yonne n°DDT/SEE/2026/0053 (juin 2026), montre que les mesures de restriction peuvent s’appliquer « pour toute origine de l’eau », puits et forages privés compris (article 5 de cet arrêté). Cette formulation n’a été vérifiée que dans ce seul arrêté : elle ne peut pas être généralisée à tous les départements sans vérification. Avant d’arroser en période de sécheresse, mieux vaut consulter l’arrêté en vigueur dans votre propre département, par exemple via la plateforme officielle VigiEau qui centralise les niveaux de restriction en cours.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer un puits utilisé uniquement pour arroser ?
Oui. Un usage exclusivement dédié à l’arrosage reste un usage domestique dès qu’il ne dépasse pas 1 000 m³ par an, et il doit être déclaré au maire comme tout autre puits ou forage à usage domestique, sous peine d’une amende administrative pouvant atteindre 15 000 € par ouvrage.
Pompe de surface ou immergée pour un forage ?
Le critère décisif est la profondeur du niveau d’eau. Si elle reste dans la hauteur d’aspiration réelle indiquée par la notice de la pompe (toujours inférieure au plafond théorique d’environ 10,33 m), une pompe de surface peut convenir. Au-delà, une pompe immergée, qui pousse l’eau au lieu de l’aspirer, est nécessaire.
Quel diamètre de pompe pour un forage de 4 pouces ?
Une pompe immergée « 4 pouces » a un corps d’environ 101,6 mm de diamètre. Le tubage du forage doit avoir un diamètre intérieur supérieur, avec une marge propre à chaque modèle : elle est précisée sur la notice du fabricant, pas généralisable d’une pompe à l’autre.
Un forage privé est-il concerné par les restrictions de sécheresse ?
Cela dépend de l’arrêté préfectoral en vigueur dans votre département : certains, comme celui lu pour l’Yonne en juin 2026, visent explicitement « toute origine de l’eau », puits et forages privés compris. Cette formulation n’a pas été vérifiée dans tous les départements : le plus sûr est de consulter l’arrêté de votre propre secteur, par exemple via VigiEau.
Faut-il faire analyser l’eau de son puits pour arroser ?
Non, pas dans le cadre de la déclaration réglementaire : une analyse d’eau n’est exigée par les articles R2224-22-1 du CGCT que si l’eau est destinée à la consommation humaine. Pour un usage exclusivement réservé à l’arrosage, aucune analyse n’est imposée par ce texte.
Être mis en relation avec un spécialiste des pompes de puits et de forage
Pour choisir une pompe adaptée à un autre usage que le puits ou le forage, ou pour comparer les options d’arrosage, voir aussi le guide complet pour choisir sa pompe d’arrosage, la page sur le surpresseur d’arrosage, la pompe pour cuve d’eau de pluie, et les cas où une pompe d’arrosage est utile.
Sources
Légifrance — Article L2224-9 du code général des collectivités territoriales, version en vigueur du 12/03/2023 au 31/12/2027, consulté le 29/09/2026.
Légifrance — Article R2224-22 du code général des collectivités territoriales, en vigueur depuis le 01/01/2009, consulté le 29/09/2026.
Légifrance — Article R2224-22-1 du code général des collectivités territoriales, en vigueur depuis le 01/01/2009, consulté le 29/09/2026.
Légifrance — Article R214-5 du code de l’environnement, en vigueur depuis le 23/03/2007, consulté le 29/09/2026.
Service-public.fr — Formulaire Cerfa n°13837*03, valable depuis le 26/01/2024, consulté le 29/09/2026.
Légifrance — Article L411-1 du code minier, consulté le 29/09/2026.
Légifrance — Article R1321-57 du code de la santé publique, en vigueur depuis le 01/01/2023, consulté le 29/09/2026.
Légifrance — Article R211-66 du code de l’environnement, consulté le 29/09/2026.
Légifrance — Article R216-9 du code de l’environnement et article 131-13 du code pénal, consultés le 29/09/2026.
Préfecture de l’Yonne — Arrêté n°DDT/SEE/2026/0053 (juin 2026), consulté le 29/09/2026.